« Le vrai artiste, c’est lui ! » assure Clément Chabin, chef d’équipe de l’entreprise Schaffner, en pointant du doigt Maxence Fournier, le grutier. Et pour cause ! Dans sa cabine, à 26 m de distance, il manœuvre avec délicatesse l’une des 9 parties du futur escalier, qui pend au bout de sa flèche de 38 mètres.
Sa mission : la faire passer par un « trou » de 4,50 mètres, en forme de trapèze, réalisé dans la toiture après que la charpente et les ardoises aient été déposées. La difficulté : Maxence doit travailler à l’aveugle, simplement guidé par les instructions orales du chef de chantier. Autre difficulté : une cheminée, tout près, qu’il ne faut surtout pas toucher et déposer la structure métallique dans un espace réduit où il n’a que 5 cm d’espace libre. Pas question de toucher la toiture, ni d’abimer les murs ! « Il faut des mouvements précis, lents et surtout pas de vent » confirme Clément Chabin. Ce mercredi 28 octobre était donc la journée idéale.
Le seul escalier contemporain du château
Jusqu’à vendredi, huit autres éléments de ce type passeront également par le toit, pour constituer à terme, le huitième escalier du château de Gaillon. « Les autres sont restaurés sur place, mais celui-ci est vraiment une création à part entière » fait remarquer Emmanuel Pous, directeur du château.
Situé dans l’aile des cuisines, il sera situé près du salon de thé, au rez-de-chaussée et permettra d’accéder aux salles de médiation, au premier étage, à l’accueil du centre de séminaire de 150 places et aux bureaux administratifs, au 2e. Le musée sera quant à lui dans les sous-sols.
De 9 mètres de hauteur, d’un poids de 8 tonnes, en colimaçon, il était impossible de faire passer cette structure par la porte. Le toit était la seule solution. Une fois posé par l’entreprise spécialisée Schaffner, sous-traitant Strasbourgeois de l’entreprise Fameto (Boulleville, dans l’Eure) à qui a été confié le marché, il faudra encore trois semaines pour assembler définitivement les différentes pièces entre elles. Des éléments en bois (noyer et chêne) seront ajoutés. « Les belles demeures se distinguaient généralement par un bel escalier. Nous renouons avec cette tradition » sourit Emmanuel Pous.
Les travaux se poursuivent au château de Gaillon. Ils devraient être terminés en mai 2028.