Malgré les fêtes de Noël qui approchent, l’ambiance était encore studieuse dans la salle du conseil, jeudi soir. Traditionnellement, l’Agglo vote son budget en décembre, pour pouvoir être opérationnel dès janvier de l’année suivante. « Ce budget est voté dans un contexte inédit puisqu’il est à cheval sur deux mandatures et que nous sommes dans l’attente du vote du PLF 2026 (Projet de Loi de Finances). Il s’agit donc d’un budget hors impact éventuel du PLF » présente Jean-Marie Lejeune, vice-président aux finances.
Selon Bernard Leroy, « ce budget traduit notre capacité à absorber les chocs budgétaires, et à anticiper les grandes transitions. Nous voulons maintenir un haut niveau de services publics et des investissements, au plus près des besoins du territoire ».
Les trois priorités de l’Agglo en 2026 :
- Le développement économique et la création d’emplois (accompagnement des entreprises qui investissent pour créer de l’emploi, investissement dans la formation notamment dans les métiers d’art, tourisme de pleine nature avec l’implantation d’hôtel et de restaurants)
- La décarbonation (des logements en incitant les habitants à les isoler, des mobilités avec les bus électriques, de nouvelles pistes cyclables et des aménagements autour des gares, la production d’énergies renouvelables avec l’implantation de parcs photovoltaïques)
- La qualité de vie et l’environnement (construction de la gendarmerie de Gaillon, rapprochement entre l’aide à domicile et les services de soins pour faciliter la vie des personnes âgées ou handicapées)
Les élus ont voté à la quasi unanimité (abstention des élus de Val-de-Reuil) un budget de 199 M€ : 132 M€ en budget principal et 67 M€ en budgets annexes.
En Fonctionnement : Recettes : 112 M€ – Dépenses : 93 M€ (stables)
Epargne nette : 15 M€
Encours de la dette : 34 M€
« Nous ne prélevons pas d’impôts communautaires sur le budget des habitants, précise Bernard Leroy. Nos ressources viennent des entreprises. »
Budget Investissement : 34,1 M€.
Les principales dépenses :
- Voirie et écomobilité : 8,4 M€
- Habitat : 4,7 M€
- Cohésions territoriales : 4 M€
- Château de Gaillon : 3 M€
- Fonds de concours des communes : 2,6 M€
- Patrimoine communautaire : 1,8 M€
- Réseaux hydrauliques : 1,5 M€
- Gestion des déchets : 1,3 M€
- Développement économique : 1,2 M€
- Tourisme : 1 M€
- Sport : 1 M€
- Acquisitions foncières : 1 M€
« Je ne vois pas le budget du CIAS (centre intercommunal d’action sociale), s’interroge Albert Nanyoula. La population vieillit et c’est un budget qui nous semble important. » « 562 000 € sont prévus sur le budget de l’Agglo, mais nous votons le budget du CIAS en janvier » lui répond René Dufour, vice-président des Services à la personne.
Le budget voté, l’Agglo est opérationnelle dès le 1er janvier 2026.
Une offre ferroviaire renforcée
L’Agglo va déposer un dossier pour obtenir le statut de Serm (Service Express Régional Métropolitain), en lien avec la métropole de Rouen. « L’idée est de proposer une offre plus large de transports collectifs en s’appuyant notamment sur les dessertes ferroviaires » présente Bernard Leroy. Trois étapes sont prévues :
- D’ici à 2030 : augmenter le nombre de trains sur les lignes actuelles (+100% concernant les lignes qui traversent le territoire Seine-Eure) pour arriver à un train toutes les heures.
- 2e étape : mise en service de la ligne Louviers-Rouen et nouvelles connexions régionales par car express pour rabattre les usagers vers les gares.
- 3e étape après la nouvelle gare St-Sever, rive gauche qui permettra d’augmenter considérablement le cadencement (un train toutes les demi-heures).
« Bilan : davantage de transports décarbonés, un réseau de car express qui rabattra vers les gares, plus de pistes cyclables » résume Bernard Leroy. « Le Serm ne se pose pas uniquement en termes de cadencement mais en termes financiers. Le reste à charge peut rester très élevé selon l’endroit où l’on vit et celui où l’on se rend, pour aller travailler notamment » alerte Albert Nanyoula.
« Il est important de développer les cadencements vers Rouen.10 000 salariés viennent chaque jour de la métropole ou d’un territoire hors Agglo pour travailler chez nous et 10 000 personnes font le trajet inverse. Ce Serm sera aussi l’occasion d’harmoniser les tarifs avec des billetteries communes » indique Bernard Leroy. « Avec 67 points de desserte ferroviaire ou routière, l’idée est d’être à moins de 15 min d’un point de desserte, sur un périmètre de 40 km autour de Rouen » ajoute Laëtitita Sanchez.
Développer l’écomobilité
Toujours dans la logique de désencombrer les routes et de proposer des alternatives plus vertueuses, l’Agglo va renouveler son partenariat avec le service de covoiturage Blablacar Daily. « Le nombre de trajets a augmenté de 13% en un an (entre 2024 et 2025). Le nombre de trajets était de 7 517 en octobre de cette année. L’appli compte 100 nouveaux inscrits par mois sur le territoire de l’Agglo » résume Jean-Pierre Duvéré, vice-président délégué aux mobilités. Une enveloppe de 235 600 € est prévue pour 2026 pour le covoiturage.
Pour faciliter les déplacements à vélo, l’Agglo va poursuivre l’aménagement de tronçons de voie verte. Un linéaire de 2,7 km au Manoir-sur-Seine, Pîtres, Amfreville-sous-les-Monts est prévu afin de permettre aux cyclistes du nord de la Seine de rejoindre les liaisons cyclables en rive gauche du fleuve.
Un autre tronçon de 760 m sera aménagé à Pîtres, rue Georges Sand. Des subventions seront demandées au conseil départemental.
Le soleil en panneaux
L’Agglo et ses partenaires (Général du Solaire et SEM Tee27) vont constituer une société pour développer, construire et exploiter une centrale photovoltaïque au sol, à Criquebeuf-sur-Seine. Situé sur d’anciennes carrières, le projet s’étend sur 30 hectares, dont 17 dédiés aux panneaux photovoltaïques. Le coût d’investissement est de 27 M€. L’Agglo disposera de 25% des parts (GDS 51%, et Sem Tee27 24%).
Les panneaux photovoltaïques sont aussi les bienvenus sur des équipements existants. Suite à un appel à manifestation d’intérêt, un groupement d’entreprises composé de Sem Tee27 et de See You Sun, installera des panneaux photovoltaïques sur des équipements intercommunaux (stations d’épuration de Léry, d’Ecoparc 2, d’Aubevoye et de la Croix St-Leuffroy) et sur les parkings d’Aquaval, Glacéo, Cadéo et la gare d’Auvevoye). La production annuelle attendue est de 7 700 MWh par an, soit la consommation électrique annuelle de plusieurs centaines de foyers.
Frelons asiatiques
Plus de 600 nids de frelons asiatiques ont été détruits en 2025 sur le territoire. L’Agglo a versé une subvention de 110 € aux particuliers (pour compenser l’arrêt de la prise en charge du Département) et y a consacré une enveloppe de 56 000 €. La lutte contre le frelon asiatique se poursuivra en 2026 avec une enveloppe de 30 000 € et une prise en charge à hauteur de 80 € par nid, entre le 1er avril et le 15 novembre.
« Il est indispensable d’avoir une action préventive sur les frelons. On ne peut pas continuer à augmenter les dépenses pour la destruction de nids. Il faut que les maires prennent des mesures préventives » recommande Bernard Leroy. A Surtauville par exemple, des nichoirs pour mésanges à tête noire ont été posés, en partenariat avec l’Agglo. Ces jolis oiseaux seraient en effet friands de frelons !
Le prix de l’eau
Le tarif du m3 d’eau a été fixé pour 2026. Les petits consommateurs sont encouragés avec un tarif bas : 0,55 €HT/m3 pour une consommation de 0 à 50 m3. Le tarif passe à 1,30 HT/m3 pour 51 à 150 m3, puis 1,80 €/m3 pour une consommation supérieure à 150 m3. Le tarif de l’assainissement est fixé à 2,30 €HT/m3.
Enfin, pour sécuriser l’accès à l’eau potable, les unités de distribution de de Pinterville et Lormais seront interconnectés. Les travaux seront réalisés en partenariat avec l’Agence de l’eau Seine-Normandie.