Le lancement s’est déroulé officiellement le 2 avril, en présence du sous-préfet encore en place Nicolas Lebas et le président de l’Agglo Seine-Eure Bernard Leroy. Mais c’est un long et dynamique chemin sur lequel une dizaine d’entreprises s’engage, avec pour même conviction de vouloir réduire, voire supprimer l’émission de gaz carbonique.
Les nombreux chefs d’entreprises présents à La Filature préfèrent voir le verre à moitié plein et se dire que tout n’est pas complètement fichu. « Tenir bon c’est prendre son destin en main. C’est se poser les bonnes questions maintenant pour demain, encourage Virginie Rigaudeau, responsable de projet Développement durable chez Schneider Electric. Le trou de la couche d’ozone se résorbe. C’est la preuve que grâce à la mobilisation de tous, tout est possible ! »
Rodolphe Durand donne quant à lui l’exemple de la mer d’Aral, 4e plus grand lac de la planète il y a plus de 70 ans, asséché à cause du détournement des deux fleuves qui l’alimentaient pour pouvoir produire du coton en masse. « En 2005, le barrage de Kokaral a été construit, qui sépare la partie nord de la mer d’Aral. Depuis, on note une amélioration, le volume d’eau augmente. C’est l’effort individuel et collectif qui donne des résultats impactants » assure-t-il. Deux exemples pour montrer qu’Act Seine-Eure, ce n’est pas qu’une histoire de carbone. C’est bien plus que cela.
Une méthodologie à suivre
Act (Accelerate Climate Transition (accélérer la transition climatique) est une méthodologie mise au point par l’Ademe pour structurer sa stratégie de décarbonation. Le prérequis est d’avoir réalisé son bilan carbone pour connaître ses forces et ses points d’amélioration. Tous les postes sont concernés : les relations avec les fournisseurs, les moyens de déplacement des collaborateurs, le process de production, etc. Puis les actions sont structurées, reliées au territoire et au collectif en y intégrant une dimension écologique, économique et sociétale. Des séances collectives et des journées de consulting sont prévues dans la démarche pour atteindre les objectifs fixés, pas à pas.
Si la démarche dure environ 18 mois et a un coût, elle est en partie financée par l’Ademe, qui verse une subvention de 60 à 80% du montant. Le reste à charge de l’entreprise est donc minime.
Les chefs d’entreprise ont été nombreux à saluer la démarche et a apporté leur témoignage sur les actions qu’ils ont mis en œuvre. « Nous sommes partis du bilan carbone, en 2022, puis nous avons déroulé la démarche collective, qui est très structurée. Cela nous a permis de définir concrètement nos actions d’ici à 2030-2050. La démarche met en image ce qu’on a fait, où l’on en est et ou l’on va » témoigne Pierre-Jean Leduc, président de Demgy (solutions plastique et composite à St-Aubin-sur-Gaillon). L’entreprise a, depuis, déployé une centrale photovoltaïque sur son site.
Parmi les nombreux intervenants, Jean-Philippe Daull, pdg du groupe Candor, à Val-de-Reuil, a insisté sur l’accompagnement. Pour lui, Act Seine-Eure, c’est une démarche :
- collective, interentreprise, où l’on peut partager ses préoccupations
- à vivre collectivement, en interne, avec ses collaborateurs
- structurante, dont on sort avec des éléments concrets et des trajectoires à suivre
- qui intègre la question du climat à la stratégie de l’entreprise. « Comme chef d’entreprise, on inscrit notre entreprise dans le temps long. Nous voulons qu’elle perdure bien après nous. Avec Act, nous consolidons les fondations. »
En plus de diminuer les gaz à effet de serre, Act Seine-Eure permet à l’entreprise d’absorber les chocs climatiques, économiques, sociétaux. Une dizaine d’entreprises viennent de s’engager dans la démarche.
Pour rejoindre le mouvement : louviers@lafilature.space