Vie de l'Agglo

Vers une offre de transport multimodale et durable

Deux grands dossiers ont fait débat jeudi soir en conseil communautaire : le service express régional métropolitain de Rouen (Serm) et la copropriété La Garancière, à Val-de-Reuil qui fait l’objet d’un nouveau plan de sauvegarde.

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Le conseil s’est déplacé au Hub, jeudi 25 juin, où les températures étaient bien plus acceptables. Parmi les 23 points à l’ordre du jour, le dossier de la Garancière a mobilisé les élus. Cette copropriété de 67 logements, à Val-de-Reuil, rencontre de nombreuses difficultés sur le plan social, financier, technique et juridique, qui imposent un suivi particulier depuis les années 2000. « Un premier plan de sauvegarde 2019-2026 avait permis de poser les bases pour la rénovation de cette copropriété, d’instaurer la mise en place de mesures d’accompagnement, et de commencer à redresser la situation financière » rappelle Richard Jacquet, vice-président à l’Habitat. Mais le nombre de propriétaires ne réglant pas leurs dettes avait empêché le démarrage des travaux. Selon Philippe Brun, le taux d’impayés atteint 250% et un tiers des copropriétaires sont débiteurs.

Jeudi, les élus ont voté la mise en place d’un deuxième plan de sauvegarde 2026-2032 pour lancer un ensemble de travaux d’isolation thermique et lever un certain nombre de freins, au préalable. Plus aucun délai supplémentaire n’est accordé aux propriétaires débiteurs pour lesquels des procédures contentieuses sont immédiatement mises en place. « Ce n’est pas qu’ils ne peuvent pas payer, c’est qu’ils ne veulent pas, soulève Anne Terlez. La pression leur est mise pour qu’ils règlent leurs impayés ou qu’ils vendent leur logement à CDC Habitat. »

« Petit à petit la situation s’améliore. Bien que l’on parle de la Garancière comme une copropriété dégradée, les propriétaires occupants sont fiers d’y habiter. Ils sont motivés, investis pour lever les difficultés. C’est encourageant » estime Richard Jacquet.

Pour poursuivre les efforts engagés et réaliser les travaux de rénovation énergétique permettant des économies de l’ordre de 50%, l’Agglo (co-maître d’ouvrage avec Val-de-Reuil) et l’Agence nationale de l’habitat s’engagent chacune à hauteur de 225 000 €, pour le suivi animation du plan de sauvegarde, confié à l’agence Citémétrie. L’Agglo versera également 20 000 € au titre du fonds façade.

Serm : Etudes pour une offre de transport riche et diversifiée

Au côté de la Métropole de Rouen Normandie, l’Agglo souhaite obtenir le statut de Service Express Régional Métropolitain (SERM) de Rouen, qui associe également l’Etat et la Région Normandie dans la convention de financement. « Le Serm intègre une offre multimodale de services de transport collectifs qui s’appuie sur le train, le bus à haut niveau de service, les pistes cyclables, le transport fluvial, le covoiturage et l’écopartage, etc » présente Hervé Gamblin, vice-président aux Mobilités.

L’Agglo participe financièrement aux études menées par la SNCF pour vérifier que l’offre ferroviaire telle que définie dans le projet est techniquement faisable et pour en estimer les coûts. Sa participation couvre 5% du coût des études soit 74 000 € sur 1,5 M€. Une somme trop importante pour certains élus qui rappellent que sur 26 dessertes autour de la métropole, seulement 3 concernent l’Eure (Bourgtheroulde, Pont-de-l’Arche et Val-de-Reuil). « Il faut peut-être donner de la voix. L’agglo est la seule EPCI à financer avec la Métropole. Je plaide toujours pour la gare de St-Pierre-du-Vauvray qui permet de desservir bon nombre de destinations par bus » estime Laëtitia Sanchez. Tandis que Eric Lardeur, par la voix d’Arnaud Levitre, souhaite que les élus votent un amendement, le débat s’est ouvert sur l’utilité d’une ligne de train Rouen-Val-de-Reuil-Louviers si elle ne se poursuit pas jusqu’à Evreux. Certains estiment que les habitants de la vallée de l’Oison pourraient aussi être davantage intégrés au Serm en étant mieux reliés à Elbeuf. Le débat s’est prolongé sur la complémentarité bus-train et l’ajout de nouvelles lignes de bus, etc. « Il est réducteur de penser que le Serm consiste juste à rajouter des lignes de bus, pense Bernard Leroy.  Il s’agit d’un bel exemple de coopération avec la Métropole de Rouen et d’un projet intéressant pour le développement de modes de transport durables. » Cette délibération a été adoptée par  73  voix pour, 11 abstentions et une voix contre.

Bus électriques

L’Agglo poursuit l’électrification de sa flotte de bus Semo, pour réduire les émissions de gaz carbonique et agir concrètement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Bien que le coût soit plus élevé qu’un bus thermique, elle fait le choix d’acquérir 3 bus électriques pour un montant de 1,6 M€. Ils devraient être livrés en 2027

Relève à distance des compteurs d’eau potable

Pour améliorer la qualité de service rendu aux abonnés, l’Agglo va faire installer un compteur connecté dans chaque foyer, permettant à Veolia de relever, à distance, la consommation d’eau potable. Ils seront installés progressivement sur l’ensemble du territoire, pour un investissement global de près de 8 M€. Cette installation est complètement gratuite pour les abonnés, qui n’auront même pas à avancer l’argent.

« Ce compteur connecté permettra de connaître précisément la consommation d’eau par foyer et de le prévenir en cas de fuite » précise Ollivier Lepinteur, vice-président au Cycle de l’eau. Nolwenn Léostic souhaiterait que « cette installation soit accompagnée d’un apprentissage à la lutte contre le gaspillage d’eau potable ».

La voile à l’école

Depuis 2023, les élèves de primaire peuvent bénéficier d’une initiation à la voile au Parc de Léry-Poses (4 séances par classe) en partenariat avec le comité départemental de voile de l’Eure. Sur un coût de 18 € par élève, l’Agglo prend à sa charge 8 € ainsi que le transport. Les communes concernées paient le différentiel de 10 € par enfant. Ce dispositif est renouvelé pour l’année scolaire 2026-2027. Déjà 34 écoles ont pu en bénéficier depuis le démarrage de cette opération.

 

Des acquisitions en faveur de l’environnement

L’Agglo a acquis plusieurs parcelles pour mener des actions en faveur de l’environnement. Aux Trois Lacs, un terrain de 3 000 m2, permettra d’installer un réservoir d’eau potable et de renforcer le réseau existant.

Sur les coteaux de Tosny, également aux Trois Lacs, 44 700 m2 ont été rachetés à la société Finor. Ces parcelles présentent un fort intérêt pour la gestion écologique des espaces naturels et la préservation des coteaux. « Ces parcelles sont situées sur le site Natura 2000 « Boucles de la Seine Amont d’Amfreville à Gaillon » où sont recensés des espèces faunistiques et floristiques rares » présente Bernard Leroy.

François Charlier a par ailleurs présenté les acquisitions et cessions de parcelles ou d’immeubles en 2025. Les acquisitions se sont élevées à 3,5 M€ et les ventes à 3,7 M€. Elles concernent de nombreux projets : revitalisation de centre-bourg, protection des espaces naturels, restauration des jardins du château de Gaillon, développement économique, etc.

 

Création d’une unité de méthanisation

L’Agglo a le projet de création d’une unité de méthanisation, sur la zone d’activités Ecoparc 2, à Heudebouville. Elle accueillera les boues urbaines. « C’est un très beau projet d’un point de vue environnemental. Nous réutilisons les boues, nous produisons du biogaz. Le digestat est utilisé en compost » se réjouit Bernard Leroy. « Nous sommes allés visiter une unité aux Mureaux. Le résultat est très satisfaisant et il n’y a pas d’odeur » ajoute Hubert Zoutu, également séduit par ce procédé.

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