Comment reconnaître les chenilles processionnaires ?
Les chenilles processionnaires sont des larves de papillons vivant en groupe et reconnaissables à plusieurs caractéristiques. Tout d’abord, il est possible d’observer un déplacement en file indienne (“procession”) qui est très typique. Ensuite, ces chenilles sont présentes sur des arbres spécifiques comme les pins (chenilles processionnaires du pin) ou les chênes (chenilles processionnaires du chêne).
Autres caractéristiques importantes : elles vivent en colonies et sont donc rarement isolées, et bien sûr, leur corps est recouvert de poils urticants.
Le territoire Seine-Eure est principalement concerné par les processionnaires du chêne présentes d’avril à juillet. Il ne s’agit pas d’une espèce exotique envahissante, puisqu’il existe des prédateurs naturels. Ce phénomène est cyclique : certaines années, les populations sont plus importantes que d’autres.
Il est à noter que toutes les chenilles noires et poilues ne sont pas des chenilles processionnaires ou urticantes.
Quels risques pour la santé humaine ?
Les chenilles processionnaires représentent un risque en raison de leurs poils urticants microscopiques. Très légers, ces poils se détachent facilement et peuvent être dispersés par le vent. Lorsqu’ils entrent en contact avec la peau, ils provoquent diverses réactions : effets cutanés (démangeaisons, rougeurs, urticaire), effets oculaires (conjonctivite et irritation) et effets respiratoires (toux, gêne respiratoire). Chez certaines personnes, ce contact peut également déclencher des réactions allergiques plus importantes.
Quelles précautions prendre ?
Il est recommandé de :
- Éviter les zones à risque, notamment les forêts de chênes et de pins.
- Ne pas s’approcher des nids si vous en repérez un, même s’il semble ancien.
- Ne pas faire sécher votre linge à l’extérieur (si vous habitez à proximité d’arbres infestés).
- Lavez les fruits et légumes cueillis dans votre jardin (si vous habitez à proximité d’arbres infestés).
- Porter des vêtements longs couvrant la peau, pour limiter l’exposition aux poils.
- Ne pas se frotter les yeux en cas d’exposition.
- Au retour d’une balade, vous déshabiller et laver rapidement vos vêtements et cheveux afin d’éliminer d’éventuels poils urticants.
Il est très difficile de lutter contre cette espèce : un nid vide peut rester urticant pendant deux ans. Il faut donc éviter d’être en contact direct avec les chenilles et les nids, ne les détruire que sous certaines conditions.
La solution à court terme est de faire appel à une entreprise spécialisée pour éliminer le ou les nids repérés en toute sécurité. Sur le long terme, des actions préventives peuvent être mises en place, comme le développement de la biodiversité dans votre jardin : installation de nichoirs pour favoriser les prédateurs naturels (chauves-souris, mésanges, coucous…), adoption d’une gestion différenciée des espaces verts ou encore réduction, voire suppression, de l’usage des pesticides.
En cas de symptômes (rougeur, démangeaisons…), il est conseillé de consulter un médecin ou d’appeler un centre antipoison. En cas de signes d’urgence vitale (détresse respiratoire, réaction allergique grave…), appelez le 15 ou le 112.
Les animaux domestiques, notamment les chiens, sont très exposés. Ils sont particulièrement à risque car ils peuvent lécher ou attraper les chenilles. Le contact avec les poils peut entraîner un gonflement de la langue, des vomissements et des lésions buccales graves. Si votre animal présente des symptômes, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire ou à appeler un centre antipoison vétérinaire.