« Nous nous appuyons sur des savoir-faire anciens, de haute technicité, relevant des métiers d’art et qui, pour certains, risquent de disparaître » souligne Christophe Tike, directeur opérationnel du Greta Portes Normandes.
Mardi, en compagnie de Bernard Leroy, président de l’Agglo Seine-Eure, le président de Région Hervé Morin est venu découvrir les deux formations récemment créées autour de l’artisanat d’art : le CAP Orfèvrerie polisseur-aviveur, ouvert le 24 novembre 2025 et le certificat de spécialisation Bijouterie de mode, qui a accueilli ses premiers apprenants vendredi 23 janvier 2026.
L’Agglomération Seine-Eure a rénové le château de Tournebut, au Val d’Hazey pour le transformer en centre de formation, confié au Greta Portes normandes-La Fabrique des métiers d’art.
Un nouvel espace de création
Des formations qui modifient la carrière professionnelle des apprenants. « J’étais préparatrice en pharmacie, puis je me suis reconvertie dans la maroquinerie de luxe. Ce certificat de spécialisation en bijouterie de mode vient ajouter une corde à mon arc » confie Marylène Blancfurey, habitante de Pont-de-l’Arche.
La Dieppoise Sophie Espié a longtemps été illustratrice à son compte en Belgique, avant de revenir dans sa région natale et entamer un nouveau parcours professionnel. Les 4 étudiantes feront leur stage chez Cuir du Vaudreuil qui a ouvert un département bijouterie de mode dans ses nouveaux locaux d’Heudebouville.
« Le socle fondamental d’une formation, c’est la qualité du formateur » insiste Hervé Morin. C’est le cas d’Anaïs Chatellier, bijoutière-joaillère, qui a été enseignante à l’école Boulle, a travaillé chez Lepage et Inédit à Rouen et a occupé des fonctions dans la haute école de joaillerie à Paris. « Ici, c’est un grand espace de création qui s’ouvre aux apprenants » reconnaît l’enseignante en s’adressant à Hervé Morin.
Métier orphelin
Dans l’ancienne orangerie du château, réhabilitée par l’Agglo, les apprenants en orfèvrerie sont consciencieusement penchés sur leur pièce en laiton. L’orfèvrerie est un métier orphelin. Il n’existe plus d’enseignement en France qui permettrait de former de nouveaux artisans quand les anciens partent à la retraite. Cette-ci est la seule de France. La Région a investi 120 000 € pour la mettre en place. « Nous sommes dans un lieu qui symbolise l’excellence, la transmission et la capacité du territoire à innover. France travail est là pour créer des passerelles entre les métiers, les demandeurs d’emploi et les entreprises » félicite Laurence Hurni, directrice régionale de France Travail. Le centre de formation s’adresse en effet aux demandeurs d’emploi et aux adultes souhaitant redonner un sens à leur parcours professionnel.
Un écosystème autour des métiers d’art
A travers les métiers de la main, l’Agglo Seine-Eure a bâti tout un écosystème, intitulé « la Fabrique des métiers d’art » et rappelé par Bernard Leroy. « Nous avons accompagné les entreprises dans la création de lieux de production. Nous permettons à des artisans d’art d’avoir accès à des ateliers que nous avons créés. Ils peuvent exposer dans des lieux emblématiques comme le Carré Saint-Cyr et nous accompagnons la formation en aménageant des lieux comme le château de Tournebut, retrace le président de l’Agglo Seine-Eure. Aujourd’hui, Hermès est le deuxième employeur privé du territoire derrière Sanofi. Grâce aux produits de ces manufactures, le monde entier fait vivre le territoire. »
Des propos que confirme Hervé Morin. « Il faut bâtir des formations qui attirent la France entière. Nous l’avons fait à Cherbourg avec la construction navale. Vous le faîtes ici, en Seine-Eure autour des métiers d’art. L’arrivée d’Hermès sur votre territoire nous a fait prendre conscience que le luxe pouvait être intéressant aussi d’un point de vue formation. Vous nous le prouvez ici. »