Le four à pain reprend vie

Le four à pain du 18e siècle a été inauguré dimanche, après une indispensable restauration. La commune a su fédérer toutes les collectivités pour la sauvegarde de ce patrimoine, dont l’Agglo Seine-Eure.

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Entrer dans le four, c’est d’abord sentir l’odeur du pain chaud et de la brioche qui a doucement doré. Puis c’est admirer les flammes du feu de bois que Gino Daix, le boulanger du Neubourg a fait monter à 300° dès 3h30 du matin, dimanche. « Mais le feu a été allumé mercredi par la commune » précise le boulanger. Il a ensuite retiré les braises pour enfourner ses pains selon un ordre bien précis : « d’abord les pains et les pains chasseurs, car c’est un bon thermomètre pour savoir si le feu est à la bonne température.
Puis on met les tartes, les douillons de pommes, la viennoiserie et enfin la brioche » détaille Gino.

Une vieille tradition

Dimanche, les visiteurs ont fait la queue près d’une heure pour acheter ces gourmandises. « Habituellement, nous allumons le four 4 fois par an. Mais cette année, avec le confinement et la restauration, c’est la première fois de l’année que nous rassemblons les gens autour du four à pain. L’attente était forte » explique la maire Laurence Laffillé.

En rallumant ce four 4 fois par an (1er dimanche des mois pairs sauf l’hiver), la municipalité perpétue une vieille tradition. « En 1994, le maire de l’époque, Germain Leborgne a demandé au boulanger du Neubourg de relancer la cuisson au feu de bois. Ce boulanger, c’est Michel Ecalard, qui est ici aujourd’hui » présente la maire.

Toutes les collectivités autour du patrimoine

Dimanche, elle a rassemblé les collectivités qui ont participé financièrement à la restauration de ce patrimoine communal : la Région Normandie, le Département de l’Eure (dispositif Mon Village Mon Amour), le club Mécènes de la Fondation du patrimoine et l’Agglo Seine-Eure, dont Delphine Butelet, chargée de la valorisation du patrimoine a monté et suivi tout le dossier de rénovation.

« L’Agglo a fait le choix et a la volonté d’aider les communes à sauvegarder leur patrimoine, notamment dans les petites communes où les finances sont peu élevées » souligne François Charlier, vice-président de l’Agglo chargé du patrimoine. « D’autant que le pain est resté dans l’imaginaire collectif un aliment de base que l’on respecte, ajoute Yvette Petit-Decroix, représentante de la Fondation du patrimoine dans l’Eure. Ce projet est d’autant plus intéressant que le four est un bien communal, que sa restauration a été confiée à des entreprises locales, reconnues pour leur savoir-faire (Meslin pour la maçonnerie et Vignon pour la couverture) et que cette restauration a été réalisée pour que le four soit utilisé régulièrement. »

Techniques de restauration ancestrales

Construit en torchis et colombages, le four à pain était devenu vétuste au fil des années. La charpente a été reprise, la toiture en ardoise fibrociment remplacée par de la tuile plate de pays et la motte en torchis qui entoure le four a été refaite. « Le four était encore utilisé mais il était difficile à chauffer car fragilisé. J’ai refait les joins de soubassements, la voûte, la butte en torchis, la gueule du four, la sole et la souche de cheminée » détaille Julien Meslin. Sa satisfaction ? « Les boulangers m’ont dit que le four tenait très bien la chaleur maintenant. Ca fait plaisir. »

Le four a régalé de nombreux visiteurs, toute la journée, attirés également par le marché de produits du terroir organisé autour. Pour goûter au pain cuit au feu de bois, rendez-vous le premier dimanche de février 2021 !

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