Patrimoine

Délicate opération patrimoniale à Poses

Séquence émotion mardi matin en l’église St-Quentin. Un retable et une prédelle du 16e siècle ont été déposés pour être restaurés dans des ateliers spécialisés.

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Tout un petit monde attaché au patrimoine de la commune s’est retrouvé ce mardi matin dans l’église de Poses : des membres de l’association Les Amis de St-Quentin, Didier Piednoël et Georgio Loiseau, l’ancien et le nouveau maire de la commune, Delphine Butelet en charge de la valorisation du patrimoine à l’Agglo Seine-Eure, Valérie Langlois, secrétaire de mairie…

Chacun a retenu son souffle lorsque les professionnels de la restauration ont, avec une grande délicatesse, commencé à démonter le retable.

Ce dossier « restauration » est ouvert depuis 2014. « Au départ, il n’était question que des retables, explique Valérie Langlois. Puis Delphine Butelet a pris en charge le dossier et la recherche de financements. Lors de son étude, elle a estimé que nous pouvions étendre la restauration à d’autres pièces maîtresses de l’église. »

Le chêne fragilisé

Avec d’infinies précautions, Serge et Gwendal Giordani et Jean-Jacques Gilbert ont déposé le retable droit et la statue de St-Quentin qui ont ensuite pris la direction de leur atelier à Rouen.

De 2,60 m de hauteur sur 1, 80 m de large, l’énorme pièce de chêne, posée délicatement à terre, semble altérée par le temps. « Il y aura des greffes de décor sculpté à réaliser, un nettoyage de l’ensemble et du refixage de la couche polychrome sur la sculpture » note Serge Giordani.

Dieu et le coup de couteau

Sur l’autel, Laurence Letourneur de l’Atelier Bis, à Paris, enveloppe une prédelle du 16e siècle. La prédelle est un grand panneau de bois horizontal, peint, qui avait une fonction didactique. « Celle-ci raconte la passion du Christ : la flagellation, la mise sur la croix, la mise au tombeau, une messe de St-Thomas, une représentation de Dieu près de son fils crucifié » détaille la restauratrice.

Elle montre un coup de couteau en croix sur le visage du Saint-Père. L’acte d’un révolutionnaire en 1789. « Nous allons conserver cette marque. Elle fait partie de l’histoire matérielle de l’œuvre » confie Laurence Letourneur.

En revanche, elle traitera le bois contre la moisissure et les attaques des xylophages. La couche picturale ayant subi plusieurs restaurations, plus ou moins précises dans les siècles passés, elle va également épurer l’image, retrouver les expressions des visages et apposer un vernis adapté qui réagit bien aux changements de température et permet une conservation optimale du tableau.

Deux mois de restauration

Ces œuvres devraient revenir restaurées dans 2 mois. L’atelier Giordani se chargera alors du deuxième retable, puis du confessionnal.

Le coût de l’ensemble de ces travaux (45 000 €) a bénéficié des financements de la Drac, du Département de l’Eure (dispositif Mon village, Mon amour), de l’Agglo Seine-Eure, de la commune et de l’association Les Amis de St-Quentin.

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