Milieux naturels

Comment aider la biodiversité et gérer ses déchets verts sans se fatiguer

Le service Rivières et Milieux Naturels de l’Agglo a eu la bonne idée de confectionner des haies sèches sur le site des Pâtures, au Vaudreuil. C’est bon pour la biodiversité et ça évite un détour par la déchèterie. Bonne nouvelle : on peut faire la même chose dans son jardin !

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Les 40 moutons et 4 vaches de l’Agglo prennent leur fonction de débroussailleuses très à cœur. Donnez-leur une parcelle de terrain et ils vous la nettoient impeccablement. Mais parfois, la nature est la plus rapide.

Sur la zone humide des Pâtures, au Vaudreuil, des petits arbres ont repoussé. « Les Pâtures sont une ancienne peupleraie et à certains endroits, les rejets repoussent et referment petit à petit le milieu. C’est dommage car cela laisse moins de place à la flore pour s’exprimer » indique Vincent Lefebvre, responsable de l’équipe d’entretien Rivières et Milieux Naturels.

Les incroyables avantages des haies sèches

Plusieurs options étaient possibles : couper, broyer avec une machine thermique, ou emmener les déchets verts à la déchèterie. Les brûler n’est définitivement pas une option car interdit par la loi et très polluant (mettre le feu à 50 kg de déchets verts émet autant de particules que 14 000 km parcourus par une voiture essence, soit 700 trajets aller-retour vers une déchèterie !).

Il y avait mieux pour la biodiversité : créer des haies sèches.
La recette : planter des piquets (les petits troncs d’arbres trouvés sur place) en 2 lignes parallèles, sur 10-15 mètres de long, placer des rondins de bois entre les deux, à terre et coucher tous les branchages dont vous voulez vous débarrasser. Les haies sèches présentent beaucoup d’avantages.

Intérêt écologique
– Elles offrent un habitat et un refuge aux petits animaux (hérissons, crapauds, oiseaux…).
– Le bois est mangé par les coléoptères, les lucanes cerfs-volants dont la présence attire aussi les oiseaux.
– Le bois, en se décomposant, fixe le carbone dans le sol.
– C’est toute une biodiversité qui se met en place !

Gain de temps
– Pas de déplacement jusqu’à la déchèterie, pas de machine thermique à utiliser (donc pas de CO2 dans l’atmosphère) !
– Les haies sèches sont installées pour longtemps. Au fur et à mesure qu’il va se décomposer, le bois se tasse et on peut en remettre par-dessus.

Un jeu d’enfant à faire chez soi !
– Bien sûr, il faut planter les piquets mais créer une haie sèche est à la portée de tous. Pourquoi ne pas en installer une dans votre jardin ?

 

Chantier école

Jeudi, les 24 élèves en 1e Gestion des milieux naturels et de la faune, du lycée horticole d’Evreux ont participé à un chantier école aux Pâtures pour apprendre à réaliser une haie sèche.

Vincent Lefebvre et l’équipe des Milieux Nat’ leur ont montré les gestes. « Dans notre futur travail, nous serons amenés à créer ce genre d’aménagement. C’est intéressant d’appliquer sur le terrain ce que l’on apprend à l’école » notent Léa, Gwenn et Mathis. « Il faut être nombreux, bien organisés mais c’est facile à reproduire ailleurs » ajoutent Alexandre, Nolwenn et Lucas.

Vincent Héban, leur prof, voit l’intérêt pratique (les élèves manipulent le matériel, répondent à une commande précise) et l’apport théorique. « En classe, nous revenons sur l’expérience, nous revoyons les différentes façons d’utiliser des branchages et nous rappelons l’intérêt écologique de la gestion des déchets verts sur place » explique-t-il.

Si les élèves reviennent dans quelques temps, ils pourront certainement constater que leur travail a permis le retour de plantes typiques des zones humides : carex, consoude, salicaire, iris, roseau et même de la menthe. Ou quand l’utile amène le beau…

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