Communauté d'agglomération Seine-Eure

Semaine marathon pour la délégation béninoise

27-11-15

Les cinq membres de la délégation béninoise ont multiplié les réunions de travail, les visites sur le terrain et les rencontres avec les élus. Deux leitmotiv : la coopération décentralisée dans le cadre de la Semaine de la solidarité internationale et plus particulièrement la lutte contre les ruissellements.


Samedi 5 décembre, des représentants de l’Agglomération Seine-Eure et de la Communauté de communes du Zou (CCZ) se rendront à Paris à la Cop 21. Le projet de lutte contre les ruissellements dans le bassin versant du Zou est en effet l’un des 10 projets sélectionnés pour être présenté lors de ce rendez-vous mondial auquel assiste la plupart des chefs d’Etat.
C’est dire l’importance de ce vaste chantier, sur lequel travaillent entre autre, l’Agglo et la CCZ depuis 2012. « A cause du dérèglement climatique, certaines communes du Zou sont régulièrement inondées. Les routes sont ravinées et leur niveau s’affaisse parfois d’1,80 m. Les eaux inondent les maisons. Il faut parfois évacuer les collèges. Nous avons même eu à déplorer des pertes humaines » témoigne Mama Sanni, adjoint au maire de la commune de Bohicon, devant le conseil communautaire.
C’est donc plus particulièrement pour travailler sur la lutte contre le ruissellement dans le bassin versant du Zou que la délégation béninoise était présente, pendant la semaine de la solidarité internationale.
Les 5 membres (Mama Sanni, Hugues Tchaou chargé de coopération à la mairie de Bohicon, Frédéric Awigan, chargé de l’administration générale à Bohicon, Aurélien Soglo, chargé de communication à la CCZ et Herman Padanou, directeur des services technique de la CCZ) ont multiplié les échanges d’expériences, les réunions techniques, pendant une semaine, « pour nous nourrir de votre expertise » décrit Mama Sanni.

Des procédés qui alimentent les réflexions

Avec l’Agglo, ils ont visité des méthodes hydrauliques douces permettant de lutter contre les ruissellements à St-Amand-des-Hautes-Terres. Là-bas, des noues, des bassins de rétention, des fossés à redents, des bassins tampons retiennent l’eau ou lui permettent de s’infiltrer progressivement dans le sol.
Aux Hauts-Prés, la délégation a découvert comment et pourquoi ce projet de maraichage bio était né, comment l’eau est acheminée jusqu’aux parcelles, la culture sous serre, la commercialisation des fruits et légumes sur place.
« Si nous pouvions créer un bassin de rétention, nous pourrions cultiver davantage de légumes et mettre les jeunes au travail, confie Mama Sanni. Nous pourrions faire pousser des légumes toute l’année et les commercialiser y compris dans les pays voisins. »
Le Bénin, aujourd’hui, importe par exemple les tomates, à certaines périodes de l’année faute de ne pouvoir les cultiver en quantité suffisante.
« Du fait du changement climatique, nous n’avons plus vraiment de saison de pluie » poursuit l’adjoint au maire.
La visite des potagers de l’association 1001 légumes, à Beaumesnil, les a intéressés notamment pour son conservatoire de graines.
Enfin, la délégation a visité l’unité de biométhanisation à Gaillon, pour le recyclage de déchets organiques.
Elle représente un investissement de 5,5 M€.  30 000 tonnes de déchets traités sont transformés en électricité. « Au Bénin, il y a beaucoup de déchets, mais la question du coût et l’accès à la technologie représentent un frein. Malgré tout, il est bon que les membres de la délégation puissent découvrir nos procédés. Cela alimente leurs réflexions » estime Hubert Zoutu.
 
Beaucoup de travail reste à accomplir pour permettre à la CCZ de maitriser les ruissellements d’eau, mais les premières pierres sont posées.
Une étude va débuter début 2016 pour une durée de 8 mois. Son coût, de 400 000 €, est financé par l’Agence de l’eau Seine-Normandie (250 000 €), le Ministère des affaires étrangères et du développement international (25 000 €) dans le cadre d’un appel à projet Climat, et l’Agglo Seine-Eure grâce à la loi Oudin-Santini qui donne la possibilité de consacrer 1% des factures d’eau à des projets de coopération décentralisée (40 000 € sur 3 ans).
Après un diagnostic, l’étude  permettra d’élaborer un plan d’actions pour mieux maitriser les ruissellements par des techniques hydrauliques douces, donc peu onéreuses et faciles d’entretien. L’eau pourrait ainsi être valorisée pour l’agriculture, le maraichage, la pisciculture, l’élevage, l’eau potable, l’assainissement.
 

Le réchauffement climatique, une réalité de 2015

« Le changement climatique, ce n’est pas une rigolade. Ca n’arrivera pas demain, en 2050. Non, c’est une réalité maintenant, en 2015. »
Gaël Derive, scientifique, n’est pas pessimiste. Il est juste réaliste. C’est ainsi qu’il s’est présenté devant le public venu assister à la projection de son film « Une planète, une civilisation » au Grand Forum à Louviers, avant de participer à la table ronde.
Il travaille depuis 20 ans sur le dérèglement climatique.
Pour son film, il a rencontré 6 hommes et femmes sur toute la planète, qui ressentent dans leur quotidien les conséquences du dérèglement. Pour lui, ce n’est pas qu’une question d’ours polaire, « même si l’on sait qu’avant la fin du siècle, il n’y aura plus de banquise en été, enchaine le cinéaste. Aujourd’hui, nous sommes partis sur une tendance très lourde, un réchauffement de la planète de l’ordre de 4 à 5°C. Il n’y a pas que l’ours polaire qui en subira les conséquences. D’ici 2050, 250 millions de personnes deviendront des réfugiés climatiques ».
Gaël Derive veut y croire malgré tout. Des pays comme la France prennent des décisions, font avancer les choses. « Pour ne pas dépasser 2° de réchauffement, il faut devenir totalement neutre en rejet carbonique, donc changer radicalement nos modes de vie. » A chacun de prendre ses responsabilités, localement.
 





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